Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas fait suivre ces mails très intéressants que je reçois de l'association Un toit pour les abeilles. J'ai trouvé celui de février particulièrement instructif et agréable à lire : je vous le reproduis ci-dessous en l'illustrant avec des photos que j'ai prises tout à l'heure au parc de la Gournerie (qui abrite le rucher école de l'Unapla), j'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi !

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Que se passe-t-il dans la ruche ?

Février est un mois déterminant pour les abeilles. Il marque la transition tout en douceur entre une période de repos, avec l'hivernage des abeilles, et la relance de l'activité au sein de la ruche. Durant ce mois, les jours se rallongent et la ponte de la reine s'intensifie.
La grappe qui avait été formée durant l'hiver par les abeilles pour se tenir bien au chaud se disloque peu à peu, et l'activité reprend au sein de la ruche. Cette période durant laquelle les abeilles passent d'une situation de repos hivernal à une reprise d'activité pour la reine et la colonie est particulièrement importante. Elle est également facteur de stress pour l'apiculteur car déterminante pour les mois à venir.
Durant cette période, les colonies sont en effet particulièrement fragiles car la population se développe rapidement et les réserves s'épuisent sans que les abeilles ne puissent aller en puiser d'autres dans la Nature.
Il faut attendre la toute fin février, début mars, pour que les floraisons de printemps ne commencent.

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Zoom sur… le frelon asiatique

Si le mois de février sonne la reprise de l'activité au sein de la ruche, il est aussi annonciateur du réveil des reines de frelon asiatique (Vespa velutina) qui vont aller créer de nouvelles colonies.
Aujourd'hui présent dans toutes les régions de France, ce frelon est un prédateur dangereux pour l'abeille comme pour les hommes. Il a été introduit accidentellement en Lot-et-Garonne en 2004, par l'importation de produits en provenance de Chine, et a colonisé en peu de temps l'ensemble du territoire français et européen.
Quelques frelons asiatiques, basés aux portes d'une ruche, peuvent décimer les 40 000 locataires en quelques heures à peine, sans être eux-mêmes en danger. De nombreux apiculteurs ont pu déplorer, cette année encore, des pertes sur leur cheptel et observer des milliers de cadavres d'abeilles au pied des ruches, dépecés par leurs agresseurs.
Si le frelon est un véritable prédateur pour l'abeille, il représente également un réel danger pour l'homme. On estime à plus d'une dizaine par an le nombre de personnes qui décèdent chaque année à cause d'une attaque de frelons asiatiques.

De son côté, l'apiculteur…

Dernière ligne droite pour l'apiculteur avant le retour des beaux jours. Février est la période de tous les dangers. Les contrôles demeurent principalement visuels. La pesée des ruches reste également importante pour estimer les réserves encore disponibles au sein de la ruche.

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Le saviez–vous ?

Si les abeilles européennes ne savent pas encore se défendre contre le frelon asiatique, les abeilles du même continent, qui connaissent mieux leur prédateur, ont une arme secrète pour se défendre.
Elles se positionnent autour du frelon et effectuent des mouvements répétés tout en battant des ailes, créant ainsi un environnement particulièrement chaud, comparable à celui d'un four. Au-delà de 46 °C, le frelon est littéralement « rôti » et meurt. De leur côté, les abeilles peuvent supporter des températures supérieures à 47,5 °C.
On dit souvent que l'union fait la force, en voilà un bel exemple…

La citation du mois

« Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile,
Aller piller le miel que l'abeille distille. »
BOILEAU